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CAUSERIE LITTERAIRE
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CAUSERIE LITTERAIRE

Auteur : Emmanuelle de BOYSSON

Date de la représentation
  • samedi 4 juillet 2026·14:30
Théâtre le Scribe et la Bayadère, Ventabren
Durée1h
TarifsGRATUIT

À propos du spectacle

L’HISTOIRE

Emma retrouve les vieux agendas de sa mère et voit remonter son enfance au Maroc : Mohammedia, le jardin familial, le port, les orangers, les cornes de gazelle, les mouettes. Mais sous cette lumière affleure une quête d’amour plus douloureuse, liée à Blanche, mère fascinante et distante. L’écriture devient pour la jeune fille une manière de s’émanciper.

Emmanuelle de Boysson fait de la mémoire une matière sensible, presque charnelle : on entre dans ce livre par les odeurs, les saveurs, la lumière, les bruits du port. Le Maroc n’est pas un décor, c’est une présence. Mais cette sensualité n’a rien d’ornemental. Elle sert au contraire à faire ressortir ce qui manque : l’affection de Blanche, la fragilité d’Emma, la part d’ombre cachée derrière une enfance pourtant privilégiée. Le livre tisse alors ensemble l’enchantement et la faille. Et lorsque vient l’écriture — ce journal et ces lettres adressés à Anne Frank — Tendre Maroc cesse d’être seulement un roman du retour : il devient aussi le récit d’une naissance à soi, par la littérature. C’est cette alliance de douceur, de mélancolie et d’élan intérieur qui donne au roman sa vraie justesse.

UN EXTRAIT

« Le visage de Mehdi s’illumine d’un sourire éclatant. Avec sa peau miel, ses yeux d’écureuil et ses bouclettes, j’ai l’impression de le reconnaître, qu’il me ressemble, je sens chez lui cette délicatesse dont j’ai tant besoin. Il me tend une feuille sur laquelle il a dessiné deux silhouettes. Toi et moi, rougit-il. Je glisse le croquis dans mon cartable avec l’intention de le scotcher dans ma chambre. »

« Ce qui s’est passé à la Merzouga, je n’en ai jamais parlé. Depuis ce jour-là, j’ai peur d’être abandonnée, besoin d’être protégée, brûlée par le faisceau lumineux que les autres braquent sur moi. À vrai dire, il y a autre chose, un long silence, une porte close, une bombe à retardement, un grondement sourd, je ne trouve pas les mots. Ce qui s’est passé ne les supporte pas. C’est du corps qu’il s’agit, un corps de jeune fille, surpris pendant son sommeil, bâillonné, atomisé. Je n’aime pas en parler. Pourtant, il le faut, je ne suis pas écrivain pour rien. Écrire, c’est aussi remuer la boue, la dégueulasserie. Sinon, à quoi ça sert. Tant qu’on n’a pas pataugé dans les ordures, on traîne toujours un sac-poubelle après soi.»

L’AUTEUR

Romancière, critique littéraire et essayiste française, Emmanuelle de Boysson a passé son enfance à Mohammedia avant de poursuivre ses études à Mulhouse, Sainte-Marie de Neuilly, à Sciences Po puis à Nanterre. Cofondatrice du prix de la Closerie des Lilas, elle est l'auteure d’une quinzaine de romans, parmi lesquels Les Grandes Bourgeoises (Jean-Claude Lattès, 2006), Les Années Solex (Héloïse d’Ormesson, 2017), Je ne vis que pour toi (Calmann-Lévy, 2020), June (Calmann-Lévy, 2022) et Un coup au cœur (Calmann-Lévy, 2024). Son œuvre a aussi connu un prolongement scénique avec A cœur perdu, adaptation théâtrale d’Un coup au cœur.

Avec / Distribution

  • Emmanuelle de BOYSSON

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